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Le travail que j’entreprends traite de l’urbanisme et de l’espace, l’espace en tant que support de recherche et d’expérimentations.
La ville, peut on lire dans le « Spécifique » de Muntadas, est cette « part maudite de l’ordre humain, dans lequel nous sommes considérablement immergés. »
Œuvre fondamentalement humaine, où rien n’échappe à l’Homme, la ville régit certains de nos comportements de par ses structures matérielles et ses systèmes d’organisation. On peut alors envisager l’espace comme une contrainte physique.

L’apparition du verre dans l’urbanisme, non pas pour les fenêtres mais pour l’habillement de l’immeuble, apporte plusieurs opportunités pour enrayer plus ou moins les contraintes apportées par l’urbanisme à l’Homme :

– En février 1994, Enric Franch, dans Réflexions sur l’espace et sur le design , écrit concernant Muntadas : « …en ayant recours au verre qui permet une situation de transparence (…) Enfin et surtout, l’évolution suivie a mis en évidence le rôle essentiel joué par la lumière : c’est elle qui définit les espaces ; le contraste entre superficie éclairée et superficie dans la pénombre fait apparaître les limites entre forme et support, entre espace-figure et espace-fond, entre espace-signifié et espace-non signifié. Cette possibilité ouvre la voie au travail dans les limites de l’architecture du vide ».

La lumière ajoutée au verre permet cet effet de miroir que l’on observe souvent, créant ainsi de grandes possibilités : comment, dans un espace restreint, on peut exploiter l’espace. Le miroir, multipliant l’espace du simple au double, jusqu’à l’infini, permet dans certains cas d’enrayer cette « lourdeur » aliénante de l’urbanisme. Cette solution pourrait être adaptée aux ensembles architecturaux des années 60, créant par là même, des effets d’illusions non maîtrisés par l’Homme : En effet, dans la Ville, rien n’échappe à l’Homme, si ce n’est la dimension « virtuelle, factice » des reflets dus au miroir. Apparaît alors une dimension faite d’illusions, où tout devient déformé. Des formes impossibles à réaliser architecturalement parlant surgissent (courbes…). L’image de ce qui est derrière nous apparaît devant nous, mais modifiée. Nous voyons quelque chose qui n’existe pas, et nous ne voyons pas ce qu’il y a réellement devant nous (principe du « voir sans être vu »)

Par ailleurs, dans cette dimension factice, l’effet pictural occupe une place très importante, ainsi qu’un esthétisme indéniable. Des formes et un traité très proche de la peinture apparaissent, ainsi que des éléments troublants et quasi anecdotiques : un velux ouvert dans le reflet du ciel, ou encore le ciel apparaissant au milieu d’un immeuble.