Général

Entre réalité et abstraction

Mes travaux invitent à la réflexion et au rêve; la liberté de l’imagination surgit au milieu de l’ordre strict et rigoureux.
Troublant la réalité au travers des vitres, renversant le sens de vision préétabli, je cherche à bousculer l’usuel.
Dans la série des « passants », c’est comme si les ombres remplaçaient les personnes qu’elles sont censées border, d’où une inversion des visions qui joue avec la compréhension du spectateur. On pense alors à l’importance de l’ombre au fil des siècles, aussi bien chez Leonard de Vinci qui écrivit: « la première peinture fut le contour de l’ombre d’un homme projeté par le soleil sur le mur », chez Platon avec l’allégorie de la caverne, ou encore chez des peuples tels les amérindiens qui considèrent l’ombre comme une partie de l’âme.

Ce jeu avec la compréhension se retrouve aussi dans ses séries de reflets d’immeubles: Qu’observe le spectateur ? À première vue, des erreurs de perspective, des anomalies de construction. Soudain il comprend pourquoi les fenêtres sont incurvées, pourquoi elles sont parfois accrochées au ciel. Il entrevoit alors une échappée vers l’imaginaire et a la sensation de balancer entre réalité et abstraction

Je pousse cette liberté donnée à l’esprit dans mes peintures de villes de nuit, en offrant au spectateur d’intervenir lui-même sur les œuvres: réalisées pour la plupart avec de l’acrylique phosphorescente, le spectateur peut charger la lumière et donner naissance à une seconde peinture dans la première. Une œuvre éphémère, puisqu’elle s’éteint au bout d’une dizaine de minutes, laissant réapparaître des buildings différemment éclairés.

En 2013 naît la série « gview ». Nous sommes dans et en dehors en même temps, seuls faces à l’immensément petit, ou l’immensément grand. On se demande parfois ce qu’on regarde, puis on s’accroche à des détails qui nous donnent des clés sur la compréhension de ces vues en plongée.