Passants

Je travaille sur plusieurs séries en même temps, chacune apportant une nouvelle approche au monde qui nous entoure.

Mes travaux «vu d’en haut» se détachent de la représentation conventionnelle en employant un point de vue surprenant. L’observateur se sent comme un espion, en observant tout sans être démasqué.

L’ombre est une image de choses fugitives, irréelles et changeantes. De plus, l’accent mis sur l’ombre répand une nouvelle «lumière» sur notre environnement urbain et s’appuie sur les traditions et les croyances des civilisations pour lesquelles l’ombre faisait partie de l’âme, mais aussi sur la psychologie analytique:

On ne peut dissocier l’ombre de la personne : là où il y a lumière il y a ombre. Selon Jung, l’ombre symbolise tout ce que la personne refuse de reconnaitre et d’admettre en lui. Lorsqu’on observe l’ombre, à une certaine heure, elle semble révéler des traits de la personne, dont certains qu’on ne pourrait appréhender en observant la personne en face. Mais on n’a accès à cette à ces traits qu’à un moment précis, et seulement d’un point de vue en hauteur. Il faut donc prendre du recul afin de considérer l’ensemble : la personne, son ombre et son environnement.

Dans mon travail, il y a donc un lien insécable entre l’ombre et la personne, qui peut même générer une confusion entre les deux. Il y a aussi un jeu entre la photographie et la peinture. Parfois, je rassemble les deux media dans une technique mixte. Le temps de recul, d’observation est nécessaire à la compréhension de ce qui est devant les yeux du spectateur.

C’est en prenant ce temps d’observation du phénomène, qu’on le saisit. Et ce qu’on voit aujourd’hui n’est pas égal à ce qu’on verra dans dix minutes, dans une semaine, dans un mois.

Approcher mon travail nécessite une posture phénoménologique.

Quelques croyances liées à l’ombre:

– Bouddhisme : l’action magique sur l’ombre du corps humain ou le théâtre d’ombres indonésien ouvrent certaines perspectives, l’ombre apparaissant dans ces cas, chargée de toute l’essence subtile des êtres.

– Chez les Indiens du Nord Canadien : à la mort l’ombre et l’âme se séparent du corps. L’ombre demeure à proximité de la tombe. C’est elle qui maintient les relations avec les vivants. L’âme peut revenir et, s’unissant à l’ombre, constituer un nouvel être.

– Dans un grand nombre de langues indiennes d’Amérique du Sud, le même mot signifie ombre, âme, image.

– L’ombre, pour les Yakoutes, est une des trois âmes de l’homme ; elle est respectée et il est interdit aux enfants de jouer avec elle ; les Toungouses évitent de marcher sur l’ombre d’autrui.