Villes de nuit

La ville de nuit, c’est la face cachée de la ville de jour. S’y révèlent ce qui est invisible le jour, et inversement passent dans l’ombre tout ce que notre regard perçoit le jour. Une ville de nuit – qu’on y soit intégré ou que l’on soit en dehors d’un point en hauteur – est plus riche en informations sur la répartition des activités, sur les frontières qu’une ville de jour . Paradoxalement, elle met en évidence, elle révèle.

Luc Gwiazdzinski, géographe, auteur de travaux d’observation du fonctionnement des villes 24h/24h a dit « Débarrassée des bruits et des encombrements, la ville de nuit est une caricature de la ville de jour ».
Si cela est vrai sur le plan de l’activité, ça l’est aussi pour la vision que nous offre une ville de nuit.
Mon travail global traite de la présentation d’une vision différente. Découvrir. Apprendre à observer ce que nous voyons mais ne regardons pas ou pas suffisamment, découvrir ces autres réalités.
Alors que la nuit occupe entre 8 et 12 heures d’un cycle de 24 heures, nous aimons la contempler cinq minutes de temps en temps et s’émerveiller de la beauté de ses lumières. Durant ces quelques minutes, on est gagné par un sentiment de sérénité et d’immobilisme. Mais si on passait un peu plus de temps, on observerait les lumières ciller, on distinguerait une activité diffuse, les quartiers de bureaux emplis par la nuit, les quartiers déserts le jour illuminés. Et finalement on découvrirait un second monde dans le premier, qui viendrait parfaitement le compléter.

Dans mes peintures sur le thème de la ville de nuit, j’utilise parfois de la peinture phosphorescente. Chargée quelques minutes à la lumière, elle renforce la vie dans la nuit et permet au spectateur d’intervenir lui même sur sa vision de la ville la nuit, éclairant certains quartiers plus que d’autres, plus ou moins longtemps.